La SBE, un animal à part dans le groupe Banque Populaire

par Bernard Sirven - le 14/04/2006 - L'Agefi Hebdo

Des ateliers, une usine, un site industriel. Pas de rues animées, pas de passants pressés, pas de commerces, juste une banque : la Société de Banque et d'Expansion, la SBE. Celle-ci, appartenant au Groupe Banque Populaire, se positionne sur un créneau original : une présence non pas sur le lieu d'habitation mais sur le lieu de travail.

« Il s'agit d'une relation particulière. Je parlerai presque d'hyperproximité. En effet, nous sommes implantés sur des sites industriels ou tertiaires souvent excentrés et avec des dessertes bancaires insuffisantes. Nous sommes au cour de la vie économique du client et nous avons une fine connaissance de l'entreprise et du site en question. C'est une logique très différente de celle de la banque à réseau classique », explique Philippe Gohaud, président du directoire de la SBE.

Renault, Volvo, PSA, le CEA ou encore Nortel ont ainsi accueilli sur leurs sites des agences SBE. D'autres ont ouvert leurs portes sur la Technopole Saint Christophe à Cergy-Pointoise, sur le centre d'affaires Porte de la Défense à Colombes ou en bordure du camp militaire de Satory à Versailles. Au total, la SBE compte 25 agences, deux agences centrales (à Créteil et à Issy-les-Moulineaux) et cinq permanences. Un maillage du territoire pour le moins surprenant pour une banque atypique.

De la betterave aux services bancaires de Maaf-MMA
C'est la Bred qui s'est offert en 1988 la première SBE : la Société
Betteravière Européenne (SBE), forte d'une agence parisienne rue de la Boétie. Il s'agissait d'une petite coquille bancaire dédiée au financement des campagnes des betteraviers. Mais la Bred rachète dans le même temps quelques agences en sites d'entreprise : la Société Financière et Foncière (SFF), la banque du groupe Renault, créée dans les années 20 par Louis Renault. La Bred rassemble le tout. La SBE vit sa petite vie en développant sa relation avec le constructeur automobile jusqu'au milieu des années 90, quand elle élargit son actionnariat au profit de l'ancienne Chambre syndicale des Banques Populaires et de quelques banques régionales.

La SBE prend alors une dimension groupe avec une mission supplémentaire de taille : devenir une banque à distance - c'est alors la mode - en nouant des partenariats. L'heure est aux plates-formes téléphoniques et aux premiers balbutiements d'internet. La banque travaille avec Casino, Auchan, EdF, Air France ou encore la RATP. Début 2000, elle noue un partenariat avec la Maaf, rejointe plus tard par les MMA. La mayonnaise
prend et les deux mutuelles décident fin 2004 de créer leur établissement de crédit avec le Groupe Banque Populaire. Tout ce pan de la SBE, une plate-forme technique dédiée à la banque à distance, a été séparé depuis et constitue désormais le socle de MA Banque, l'offre bancaire des mutuelles d'assurances MMA-Maaf.

Une nouvelle aventure
Le reste demeure en l'état : la marque et le réseau d'agences. Après un an de profonde restructuration, la SBE, « deuxième du nom », est depuis le 1er janvier 2006 filiale à 50-50 de la Bred et de Val de France, les deux plus importantes banques régionales du groupe. Le début d'une nouvelle aventure. « Nos actionnaires sont également nos prestataires. Chacune des deux Banques Populaires nous apporte des services qui vont de l'informatique aux back-offices, en passant par de la comptabilité, des outils de communication, de contrôle. Au niveau groupe, nous trouvons les compétences en termes de monétique, moyens de paiement, OPCVM, compensation. », explique Philippe Gohaud.

« Nous sommes une banque de niche, au service des personnels des entreprises, des associations et des comités d'entreprise. Nous offrons toute la palette de services bancaires, de la tenue de compte, des moyens de paiement, du crédit, de l'épargne monétaire, financière (assurance vie), des produits de prévoyance, de l'assurance dommages et, plus original, de l'avance sur épargne salariale », détaille le responsable de cette banque qui ne compte que 85 salariés.

Une offre classique mais qui devrait s'enrichir à travers le développement des actions auprès des associations et comités d'entreprise vers les services à la personne. Autre terrain de chasse : les militaires, dont la SBE est depuis quelques années un prestataire bancaire. Son objectif est de devenir le partenaire privilégié de la Défense nationale.